23 décembre 2017

555ème semaine politique: Le Père Noël est une ordure

 

 

 

Où l'on parle de journalisme lustratoire, de comment Macron a conquis le coeur des droites sur le dos des migrants, et des premières révélations chiffrées sur la baisse du pouvoir d'achat du plus grand nombre.


Président des droites
Samedi, Jupiter se régale au Chateau de Chambord, en toute intimité. Il confie le lendemain qu'il reviendra telle s'était bien. Ses proches défendent ce moment de loisirs si accessible au plus grand nombre. Jupiter est heureux, sa cote de popularité remonte, même si les sondages sont si biaisés qu'ils ne font plus rire (999 sondés, dont 21% de "sympathisants de gauche"). Il n'a jamais été aussi haut dans les coeurs des sympathisants de droite (63%) et même du Front national (35%). Macron séduit à droite et à l'extrême droite, comment pourrait-il en être autrement ?

La traque aux migrants et le harcèlement des aidants plaisent aux furibards de la droite radicalisée version Wauquiez (lequel subventionnait les communes de sa région pour qu'elles puissent poser des recours administratifs contre les rares accueils de migrants imposés par l'Etat) ou version Le Pen ou Philippot et leur phobie de l'immigration massive. Le ministre de l'intérieur envoie des agents de préfecture trier les migrants dans les centres d'hébergement d'urgence est du pain béni pour ces inquiets de l'identité refoulée. Et prépare un projet de loi sur l'immigration pour enfermer plus longtemps et expulser plus rapidement.  

Eric Zemmour théorise, Gérard Collomb met en scène, Louis Aliot cache sa joie. 

Mardi, une jeune députée LREM s'indigne "Les centres de rétention deviennent des centres de détention et sont indignes de notre République. Le traitement du séjour irrégulier en France est devenu une angoisse pour les étrangers, les associations, les forces de police, les préfectures et les avocats." Mais le soir même, elle rentre dans le rang.

Outre-Atlantique, le prestigieux New York Times publie un éditorial qui compare la politique migratoire de Macron aux recommandations xénophobes du nouveau gouvernement autrichien: "Cette position n’est pas différente de celle prise par le gouvernement du président français Emmanuel Macron, qui a annoncé l’introduction d’une législation dès 2018, pour accélérer les expulsions de migrants …".
"Au-delà des postures, vous organisez le tri entre les sans-abri, vous harcelez les migrants à Calais et ailleurs, vous poursuivez les citoyens solidaires. Vous vous apprêtez à ouvrir des brèches dans le Droit d’asile. Difficile de célébrer ce jour." Médecins du Monde à l'adresse de Macron.
Laurent Wauquiez récemment élu à la présidence de #LR par les derniers grognards sarkozystes tente de rassembler les plus furibards. Ses outrances xénophobes éloignent Xavier Bertrand (qui démissionne), Christian Estrosi (qui créé son mouvement), et même la girouette des Yvelines Valérie Pécresse (qui reste, mais inquiète d'un "éventuel double langage" à l'égard du FN). Le sinistre Patrick Buisson, ex-vizir de Sarko, le conseille: "L’équation est simple : faire converger la France de la Manif pour tous, une droite conservatrice, et la France de Johnny, une France populaire."

Brosse à reluire
Dimanche soir, le président des riches déambule avec un "journaliste" dans autre palais, celui de l'Elysée. Une interview "en marche", un "modèle français issu de Versailles avant l’ORTF et qui fait davantage appel au faire-valoir et à la connivence". La complaisance de l'intervieweur, ce "journalisme lustratoire", avec ces "questions sorties d’un quiz de magazine féminin" fait même suffoquer quelques médias étrangers,  Il évoque l' "héroïsme politique qui revient là" de Jupiter, il écoute sagement Jupiter rappeler combien il dort peu. Car Dieu dort à peine, il éreinte ses équipes à qui on distribue du Guronsan. Il a fallu que Brigitte Macron intervienne pour imposer un agenda vide pendant les fêtes de fin d'année.

Jupiter est Dieu, on ne dérange pas Dieu, on l'écoute et on le prie.

Laurent Delahousse évite les sujets qui fâchent. Il ne demande rien au monarque sur la sélection à l'université, la traque d'Etat des migrants, la suppression de l'ISF, ou la flat tax. Rien non plus sur le plan de "rationalisation des hôpitaux" qui devrait coûter quelques milliers de postes à des établissements comme celui de la Timone à Marseille.

"Je ne pensais pas être d'accord un jour avec #Macron mais j'avoue qu'il a raison... ", constate l'insoumise Hélène Franco sur Twitter, "... en disant que le service public de l'audiovisuel est 'la honte de la République'". C'était la "journée du patrimoine" rigole Rachida Dati, la bourgeoise mairesse du 7ème arrondissement, fine experte des beaux quartiers. "Depuis hier, il existe des produits dérivés estampillés Delahousse. Ça va du paillasson à la serpillère en passant par le tapis de bain." s'amuse Charline Vanhoenacker.

Ministres délinquants
Passé ce moment gênant, absurde tant il était ringard, l'actualité reprend ses droits.

Edouard Philippe assume d'avoir affrété un A340 pour plus de 350 000 euros, payés sur les deniers de la République, pour "rentrer plus tôt" à Paris de son voyage à Japon. Puis Gérard Collomb décide de réquisitionner une poignée de policiers pour transporter sa famille à Noël.

La vie est belle en Macronista. Quelle est cette délinquance qui permet d'abuser de l'argent public sans contrôle ni critique ?

Pire encore, la ministre du Travail est épinglée pour 671 infractions au Code du travail dans son précédent emploi, quand elle dirigeait France Business. Le Canard Enchaîné révèle le désastre. Sur la simple période de juillet 2016 à mai 2017, soit moins d'une année, l'inspection du travail a relevé 557 dépassements de plafond d'heures quotidiennes pour 92 salariés. La même ministre est par ailleurs sous le coup d'une enquête pour délit de favoritisme.  


Président des riches
Aux Etats-Unis, Trump connaît un grand succès et une belle humiliation. Le succès, sa fameuse réforme fiscal à 1 500 milliards de dollars de baisse d'impôt pour les entreprises et les plus riches. Du jamais vu depuis Ronald Reagan, qui avait déjà plombé les comptes publics états-uniens comme jamais avec la politique inefficace et injuste. Mais le clown de la Maison Blanche se voit contesté à l'ONU, où l'unanimité du Conseil de Sécurité, moins une voix (les USA), puis quelque 180 pays dénoncent la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël par Trump.

En France, notre jeune monarque fait figure d'apprenti. Certes, il s'exclame devant Delahousse qu'il veut que "la France devienne leader de la finance." Mais il est agacé par cette étiquette de président des riches qui lui va pourtant si bien. Et il n'arrive pas à cacher, dès son premier budget public, ses cadeaux fiscaux à la France d'en haut dans un océan de réductions d'impôt pour tous.

L'INSEE révèle que les impôts des ménages vont augmenter de 4,5 milliards d'euros en 2018.  Rien que ça ! Patatras ! Tout l'argumentaire macroniste pour tenter de convaincre que les baisses d'impôt étaient équitables et partagées s'effondre. Le gouvernement publie justement un "simulateur de pouvoir d'achat" sur son site internet. Mais rien n'y fait, les chiffres sont les chiffres. Voici l'INSEE, ce repère de gauchistes, qui mine le story-telling présidentiel.
"Début 2018, le pouvoir d’achat marquerait le pas sous l’effet de l’inflation et du calendrier fiscal." l'INSEE, décembre 2017.
Reprenons: le plus grand nombre, expliquent les publicitaires élyséens, bénéficiera de la suppression tardive de la taxe d'habitation. Et les salariés économiseront, tardivement également, des cotisations chômage.  Au final pourtant, l'INSEE révèle pourtant que le solde sera une hausse d'impôt de 4,5 milliards d'euros pour les ménages. L'institut pointe du doigt la hausse d'une flopée d'impôts indirects (taxe sur les cigarettes et le diesel) et directs (hausse de la CSG). Or on se souvient trop bien que les deux tiers des économies d'impôts sur les ménages ne concernent qu'une catégorie bien spécifique du pays: nos plus riches profiteront d'environ 5 milliards d'euros d'économie fiscale, dès le 1er janvier pour l'essentiel, grâce à la suppression de l'ISF (3,2 milliards d'euros rendus à 351 000 foyers...) et la flat tax (1,5 milliards d'euros d'après les estimations gouvernementales, plus de 10 milliards d'après d'autres plus inquiètes).

Si les ménages aisés économiseront beaucoup, et qu'au final les ménages dans leur ensemble paieront plus, c'est donc bien que le coup de matraque fiscal sera sacrément lourd pour le plus grand nombre, et surtout les plus modestes.

Merci qui ? Merci Macron.

Et ce n'est pas le simulateur gouvernemental de pouvoir d'achat, qui habilement, hypocritement, indécemment, ne retient que les baisses de cotisations et de taxe d'habitation, qui changera grand chose à cette imposture. Dans son petit livret jaune qui fait rire jaune, le "livret du pouvoir d'achat" publié cette semaine, le gouvernement oublie ce formidable gain de pouvoir d'achat ... pour les plus riches...

C'est bêta...  ...





Ami macroniste, où es-tu ?

Joyeux Noël.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.